LE MOT Du PASTEUR

 

PARESSE DE VIVRE

Le paresseux dit: Il y a un lion dehors ! Je serai tué dans les rues ! (Pro 22:13)

 

Depuis que j'ai découvert ce proverbe, j'en ai fait un critère d'évaluation personnelle de ma pensée. Et je l'ai déjà maintes fois exploité dans mes prédications...

 

Car oui, il y a un lion dehors... loin peut-être, mais il y en a encore plein malgré tous les efforts de l'homme pour éradiquer les autres espèces.

Oui, il y a donc un risque de croiser un lion en sortant... plus ou moins grand suivant où l'on habite, mais bel et bien présent.

Donc autant rester chez soi, à l'abri...

 

Et ce mécanisme si puissant qu'est la peur, certes a priori sensée nous permettre de réagir ou de ne pas agir face à des dangers imminents, devient le prétexte universel à notre paresse...

Les risques existant, il est forcément moins fatiguant de ne pas s'y exposer. Il n'y a qu'à voir, une fois l'adrénaline passée, l'état d'épuisement dans lequel nous nous trouvons après avoir frôlé un accident, ou la tétanie d'une crise de vertige...

 

Aujourd'hui, ce n'est pas le paresseux, mais tout le monde qui dit : Il y a un virus dehors, si vous sortez, vous serez tués, et pire encore, vous tuerez d'autres personnes !

Et voici une population entière, des peuples de tous les continents qui, entendant cela, obéissent consciemment, persuadés d'agir au mieux pour leur sécurité et celle des autres.

Nous avons évacué la mort de l'espace public, et depuis le XIXe siècle hygiéniste, rares sont les communes où le glas sonne encore, où les commerces ferment devant les cortèges funéraires, rares sont les familles chez qui l'on veille encore le défunt.
Nous avons perdu l'habitude de voir des morts, d'être confrontés à la mort, ce qui nous offre par notre ignorance un relatif sentiment de sécurité, mais qui se transforme en panique dès lors qu'on ne peut plus ignorer notre finitude.

Est-ce la paresse universelle qui s'exprime ? Je n'en sais rien.

Mais j'avoue être choqué par l'efficacité de l'argument sécuritaire, alors qu'il pourrait être appliqué à l'ensemble de nos existences, même sans virus :

-       si je traverse une route, je risque d'être renversé par une voiture (ce qui met ma vie en danger), ou de causer un accident si un conducteur inattentif m'évite au dernier moment (ce qui met la vie des autres en danger).

-       Si je touche du mobilier urbain, je risque d'attraper une maladie. Ou d'en transmettre une.

-       Si je croise un voyou, je risque d'être agressé. Et si je vois un comportement incivil, je risque de devenir agresseur.

-       Si j'ai un accident de ski, mon entorse au genou risque de prendre la place aux urgences d'un AVC...

Je vous épargne la liste exhaustive des risques que le dehors nous fait courir, car vous l'aurez bien compris :

De toutes les manières, si je veux prendre le moins de risques possibles pour moi et les autres, il faut rester chez moi. Et si possible avec des murs capitonnés, sans proches qui risqueraient de m'énerver ou que je risquerais d'énerver (la majorité des violences aux personnes en France se déchaîne au sein des foyers), en ne buvant que de l'eau traitée et en mangeant de la nourriture bouillie.

Et si tout le monde se comportait ainsi, il y aurait bien moins de morts dans notre pays... du moins pendant un premier temps, car ce sont des « morts prématurées » que nous éviterions ainsi, mais jamais la mort elle-même... donc au final il y aura autant de morts...

Mais beaucoup moins de vivants !

Dès lors que nous cherchons à garantir une quelconque sécurité, c'est la liberté dans son entier qui disparaît. Benjamen Frankin disait : « Ceux qui abandonnent une liberté essentielle pour acheter un peu de sécurité temporaire ne méritent ni liberté, ni sécurité »

 

Parce qu'enfermés, comment rencontrer l'amour, fonder un couple puis un foyer ?

Et enfermés en couples, en familles, comment se supporter toute la journée ?

 

En s'enfermant, ce n'est pas la mort que nous esquivons,
mais c'est la vie que nous fuyons.

Et pourquoi nous enfermons-nous ? Par peur de la mort...

ce qui revient à dire : ne vivons pas pour ne pas mourir. Ce qui serait presque une Lapalissade amusante, si elle n'était pas devenue une réalité présente.

 

Alors, nous qui sommes croyants, qui sommes confiants en la Parole de bénédiction incarnée en Jésus, nous qui disons suivre pour modèle un homme qui a été toucher les lépreux, qui s'est laissé arrêter et juger sans se défendre, qui a accepté sa propre mort au bénéfice des autres ;
nous pourrions remettre dans l'espace publique des réflexions sur la mort comme nécessaire à la vie (le grain de blé qui tombe en terre), sur la vie comme qualité, sur notre finitude en rapport à l'infinie promesse, afin de crier, proclamer, afficher cette exhortation récurrente du Christ : Ne craignez-pas !!!

 

Romain Gavache

Chamonix Mont-Blanc, le 9 mai 2020

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