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CORONAVIRUS - Communiqué de l’Eglise protestante unie de France

Message du pasteure Emmanuelle SEYBOLDT, Présidente du Conseil national de l’Eglise protestante unie de France
Paris, le 14 mars 2020

Frères et sœurs,

En ces temps d’angoisse, d’inquiétude pour nos proches, nos amis ou nous-même, que la paix de Dieu vienne en chacun de nous. Qu’Il nous donne calme et assurance pour les jours et les semaines qui viennent.

Le Président de la République a annoncé jeudi 12 mars de nouvelles mesures pour tenter d’enrayer l’augmentation du nombre de personnes atteintes par le coronavirus. Ces mesures visent à protéger les personnes les plus âgées ou les personnes à risque, pour lesquelles ce virus est le plus dangereux. Il est de notre responsabilité d’appliquer nous aussi des mesures cohérentes en ce qui concerne la vie de notre Eglise.

Ces mesures peuvent se résumer ainsi :

- annulation de toute activité réunissant des enfants et jeunes, jusqu’à nouvel ordre,

- annulation de toute activité réunissant des personnes âgées, jusqu’à nouvel ordre,

- limitation des déplacements, suppression des réunions impliquant des déplacements inter-régionaux.

- respect strict des mesures mises en place par la préfecture (selon les départements, limitation des rassemblements à 50 ou 100 personnes, ou interdiction stricte).

Faut-il repousser les assemblées générales qui doivent se tenir ce mois-ci ? Elles peuvent se tenir jusqu’au 30 juin, donc elles pourraient être repoussées. L’enjeu est de permettre à tous d’y participer et ainsi ne pas exclure encore plus ceux qui, du fait de leur âge, resteront chez eux pour respecter les règles de prudence.

Faut-il supprimer tous les cultes jusqu’à nouvel ordre ? S’ils sont encore autorisés par votre Préfecture, savoir que le culte se tient et que l’on est empêché d’y venir est bien douloureux. Mais on peut faire en sorte d’être en communion autrement (voir plus bas). Si le conseil presbytéral fait le choix, là où c’est possible, de célébrer le culte, il faut veiller à ne pas se serrer la main ni s’embrasser, garder ses distances, supprimer le verre de l’amitié (ou le repas…) qui suit. Pour la Cène, la recommandation donnée il y a deux semaines est bien sûr toujours valable : un jeûne de Cène en ce temps de Carême a tout son sens. Le pain et le vin peuvent être posés sur la table et un temps de prière avoir lieu, sans distribution.

Ces consignes vont bien sûr bouleverser notre vie d’Eglise, et ce, sans doute, pour plusieurs semaines. Nous devons garder à l’esprit ce qui les motivent : le souci premier des personnes les plus fragiles et le grand danger de l’augmentation rapide du nombre de malades qui ne pourraient alors plus être pris en charge de manière satisfaisante par les services de santé. Mais en modifiant ainsi notre vie quotidienne et notre vie d’Eglise, nous courons un autre risque : le repli sur soi, avec son corollaire, l’oubli de ceux qui sont seuls, isolés, vulnérables. 

Le défi est là : qu’allons-nous imaginer pour garder le lien, entourer les isolés, soutenir les malades ? Comment pouvons-nous vivre la communion, témoigner de l’Evangile, nous encourager mutuellement par la lecture biblique et la prière ?

Place à l’imagination : culte vécu à domicile, en vidéo sur les réseaux sociaux, visite téléphonique régulière, courrier… chaque Eglise locale trouvera ses ressources propres pour manifester l’attention et prendre soin des plus fragiles ou des isolés. Les activités d’entraide, elles, ne peuvent ainsi pas être interrompues. Sans doute faudra-t-il en aménager les conditions d’accueil afin de veiller au respect des règles sanitaires.

Frères et sœurs, dans cette crise – mondiale – que notre prière porte les personnes malades et leurs familles, les endeuillés, les soignants qui se donnent sans compter. Que notre prière porte aussi tous ceux qui ont peur de la maladie, de la mort, tous ceux qui sont dans l’angoisse de perdre leur travail. Que cette épreuve révèle des trésors de solidarité et d’entraide.

Enfin, en ce temps de Carême, c’est aussi l’occasion de revenir à l’essentiel et de s’interroger sur la fragilité de notre société, révélée par cette pandémie. Que le Seigneur accompagne chacune et chacun. Que ce temps d’épreuve nous conduise à nous en remettre à lui car « rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ, notre Seigneur. » En Lui est notre confiance.

 

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