Multiplications

La multiplication

Le récit de la multiplication des pains a une importance particulière dans le Nouveau-Testament. Déjà parce que c'est le seul récit à apparaître 6 fois dans les évangiles[1], et ce texte se situe au milieu du récit pour Matthieu, Marc et Luc. Chez Jean,  la Passion est tellement développée (ch. 13 à 21) que c'est décalé, mais ce récit se trouve quand même au centre du ministère du Christ avant sa dernière semaine. Il est notable aussi que ces récits précèdent généralement de peu les récits de transfiguration, comme un signe que par ce geste, Jésus se rapproche de sa révélation comme être de lumière, vision de la transcendance avant la descente vers Jérusalem et son lot de ténèbres.

Jésus n'est pas le premier à opérer un tel miracle : Élisée accomplit exactement la même chose en 2R4, 42-44, et dans le même principe, tant Élie qu’Élisée vont permettre à des veuves de subvenir à leurs besoins grâce à des jarres inépuisables.

 

Le partage

Ces récits de multiplication procèdent d'une même logique, à la fois simple, mais aussi absurde : on dispose d'une quantité insuffisante de nourriture pour nourrir une foule, on la partage quand même, et au final, on a du surplus.

Le premier sens, la première demande qui est faite aux simples humains que nous sommes, est le partage (c'est le principe économique qui régit l'ensemble de l’Écriture, voir notamment Lv25) : par la pratique du partage, nous pouvons nourrir plus de monde, répartir plus de « richesses »...

Certes, mais nous disposons d'une quantité limitée à partager... et nous retombons sur la question des disciples, ou du serviteur d’Élisée : comment nourrir une foule avec 5 pains et 2 poissons ?

 

Le miracle

Pourtant, contre toute logique, ces récits bibliques de « partage » du pain aboutissent à une profusion, et même un surplus. Et c'est là, je crois, l'un des signes de l'action de Dieu dans la réalité de nos vies. Signe qui va, comme souvent dans l’Écriture, à l'encontre de nos logiques propres : quand dans le partage nous voyons une division (les parts d'un gâteau pour apprendre les fractions), ou une soustraction (on se prive de quelque chose pour le donner), Dieu en fait une multiplication.

 

De la division à la multiplication

Ce paradoxe de la multiplication est à l'essence même de ce qu'est notre vie, de l'histoire de toute vie. Ce sont des « divisions cellulaires » qui ont mené à des êtres pluricellulaires de plus en plus complexes, et cette division cellulaire conduit non seulement à une multiplication du nombre de cellules, mais aussi à une multiplication de leurs fonctions (la différenciation), ce qui reste l'un des plus grand mystères de la biologie.

 

La multiplication des dons dans l’Église

Dès son origine, l'église fonctionne sur une économie de don. Il y a certes eu des périodes sombres, ou l'église proposait une logique commerciale, de marchandisation du salut notamment, mais pour l'essentiel, elle vit des dons, des partages de ses membres. Et il y a là aussi quelque chose qui tient du miraculeux, de pouvoir exister, se maintenir économiquement dans la réalité du monde, sans rien vendre, juste en bénéficiant du partage.

Et ces dons se multiplient, portent des fruits, de par la diversité et la richesse des actions de l'église : service spirituel, accompagnement des personnes, accueil communautaire, entraide, formation, mission... tant d'actions permises par ce geste de l'offrande.

 

La multiplication de vos dons

Dieu peut multiplier le peu que chacun met à sa disposition.

Parfois de manière très concrète : les déductions fiscales qu’autorise l’état aux donateurs en déduisant au 2/3 des impôts ses dons (si l’on est imposé) qui peut nous permettre de multiplier par 3 nos dons ; ou de manière moins apparente, comme une parole d’encouragement, un acte de bienveillance pour mon prochain, qui peuvent avoir une portée bien supérieure à ce que l’on imagine et l’effort qu’il nous en aura coûté.

Même si l’on n’arrive pas au niveau de Jésus qui nourrit une foule avec 5 pains, nos actes peuvent avoir une portée démultipliée.

 

[1]          (Mat 14, 14 à 21, & 15, 32-38 ; Marc 6, 34-44, & 8, 1-9 ; Luc 9, 12-17 ; Jean 6, 5-14.)

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